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On l'a fait!!!

2 Octobre 2012 , Rédigé par Colibri et Dolfinu

Un certain premier septembre 2012 une météo capricieuse nous avait contraint à stopper l'aventure au bout de 33 kilomètres. Nous n'avons jamais ressenti cela comme un échec car ceux sont les éléments qui ont décidé de nous arrêter. Mais nous devions finir ce que nous avions commencé.

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28 jours plus tard l'approche de l'ile d'Elbe se fait de nuit et avec une autre équipe composée du skipper Dumé, de mes amis Stéphane, Daniel, Jean-Dominique et mon cousin Laurent. Dolfinu et son binôme bien sûr n'avaient pas oublié d'embarquer sur le "Pier lu" un rhéa open 35 de 4,60m.

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La vedette Gravona de la Gendarmerie Maritime assurera encore une fois notre sécurité.

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Nous arrivons sur site à 03h00, la mer est quelque peu formée et la préparation se fait dans un ballotement incessant, il n'en faut pas plus pour me déclencher le mal de mer et des vomissements.

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Il est presque 04h00 quand le bînome s'éloigne du bateau, la houle ralentit ma progression et ne facilite pas la navigation de Laurent. Lors du premier ravitaillement je vais constater que la nausée est toujours présente car je suis balloté dans les vagues.

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Le vent est fort et il est difficile de ne pas dériver car le courant est de Sud-Est et entraine le kayak vers la pointe du Cap, Laurent doit lutter pour garder la trajectoire mais ne peut éviter une dérive qui va nous éloigner du point d'arrivée. Vers 08h00 le semi-rigide "Farniente" de Yves vient à notre rencontre avec Hervé.

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Yves aux commandes du "Farniente"

Les 30 kilomètres vont être franchis en un peu plus de 8h00, les conditions ne me permettent pas d'avancer plus vite et Laurent voit des vagues passer par dessus son kayak, il doit me maudire de l'avoir embarqué dans cette aventure, mais le plus dur reste à venir car pour rejoindre les Marines de Sisco nous n'avons pas d'autre choix que de progresser à contre courant. Mon mal de mer ne m'a toujours pas quitté et mes ravitaillements sont quelques centilitres d'eau plate toutes les 30'.

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Je ne peux pas avaler autre chose à cause de cette nausée et j'ai peur que le manque de sucre me soit fatal. Je continue ma progression sans douleurs musculaires je ne sens aucune fatigué mais quand Laurent m'annonce lors des ravitaillements la distance parcourue, je réalise que mes efforts sont très peu récompensés. Par moment je ne progresse plus qu'à 1.5 à 2 km/h, on ne voit toujours pas la côte car la brume est toujours présente et les vagues submergent par moment le kayak. Les heures passent, mon corps résiste à ce long effort que je lui impose, le message que je tiens à faire passer par cette traversée me revient à l'esprit alors il est hors de question que je renonce. Tant de personnes ont cru en moi et m'attendent peut être sur la plage de Sisco.

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Colibri, Jeanine, Laurent vont devoir s'armer de patience, Dolfinu lutte contre le courant.

 

La nuit commence à tomber, la batterie du leurre lumineux est épuisée, je ne le vois plus. Ma vitesse est toujours faible et Laurent a du mal à naviguer si doucement et je zigzague sans cesse pour retrouver le cap. Cela fait une douzaine d'heures que nous avons quitté Elbe et Dumé doit rentrer sur Bastia car la jauge du Pier lu est au plus bas. Yves et Hervé continuent à nous guider et donner quelques informations aux personnes qui nous attendent. Un girophare au loin nous donne la direction à suivre, les derniers kilomètres nous paraissent interminables mais je suis heureux de voir que je vais boucler ce défi malgré les éléments défavorables. Quand je m'approche de la plage je reconnais mes amis Stéphane et Daniel, il m'attendent pour me déséquiper et m'aider à sortir de cet endroit rempli de galets. Patricia s'extrait de la centaine de personnes présente et me serre dans ses bras, elle a retrouvé son dolfinu, elle est rassurée. Les applaudissements me font chaud au coeur, Laurent récupère quelques secondes et me rejoint au milieu de la foule pour que nous partagions ce moment intense.

 

Je n'ai jamais douté de lui, il n'a jamais douté de moi c'est ça la force de notre binôme.

 

Nous remercions tous ceux qui ont participé à la réalisation de cette belle aventure.