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Le jour où tout devient possible.

4 Octobre 2010 , Rédigé par Colibri et Dolfinu

 

 

 

 

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Même pas peur !!!

 

 

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La veille tout le monde est détendu.

 

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Libecciu fils de Jo-zef remercie les sponsors

 

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                                                                                                    Père et Fils 

 

 

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La journée s'annonce belle.


 

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  Stéphane, U dolfinu, Suzon et Frank.


 

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Mon esprit est déjà dans l'eau.

 

 

Samedi 02 octobre après une nuit blanche certainement due à la pression de l’événement qui m’attend, il faut se lever car le réveil marque 05h00. Nous sommes installés à la résidence-hôtel « Le Padolo » à quelques kilomètres de la plage de Piantarella où doit s’effectuer le départ. Des amis ont tenu à nous accompagner, Françoise et Maurice, Marie Ange et sa fille Loan et le cousin Mimi. Bien sûr mon ami Laurent qui est impliqué dans le défi partage notre hébergement. Après un petit déjeuner en commun accompagné de Laurent et Mimi je quitte le gîte, Françoise et Maurice nous suivent, mon Colibri, Marie Ange et sa fille partiront plus tard car elles doivent rejoindre le bateau de Dom Jean dans le port de Bonifacio. Sur le chemin nous sommes précédés par un véhicule qui semble chercher sa route, nous le dépassons et reconnaissons Suzon et Roger, nos amis cyclistes de Lecci.. Ca y est nous y sommes il est 06h15 il fait nuit noire et après avoir soulevé la barrière d’accès au parking, Laurent stationne son véhicule au plus près de l’eau pour décharger son kayak. Deux phares nus éclairent tout à coup, c’est un 4x4, avec à son bord Frank qui est à l’heure comme à son habitude. Les arrivées se succèdent et je reçois tous ceux qui sont venus m’aider et m’encourager, parmi eux, Jean-Luc notre ticheurteur préféré, Daniel et Stéphane venus d’Ajaccio, Véro, je remets les autorisations des affaires maritimes à Niki de Piantarella Nautic qui assurera ma sécurité à l’aide d’un semi rigide. Le jour est maintenant levé, Frank applique le porte bonheur que m’a envoyé Laura (sa mèche de cheveux) sur ma poitrine avant de refermer la combinaison. Xavier et Ivana  de France 3 Corse m’interpelle pour faire une petite interview avant le départ qui devient imminent. J’entre dans l’eau Laurent m’y attend pour me chausser la mono palme, je me retourne et fais un signe aux personnes massées sur la plage tout en nageant sur le dos. 7H20 Laurent me rejoint avec son kayak et quand il me dépasse je reprends ma position ventrale et commence les ondulations à une cadence d’une par seconde. L’eau est transparente et calme, ce qui me  permet d’apprécier le monde aquatique dans lequel j’évolue. J’arrive dans la passe très peu profonde à quelques centaines de mètres du départ et je ne peux pas suivre Laurent car les rochers sont à fleur d’eau, je les contourne et reprend ma place derrière lui. Je me sens comme un poisson dans l’eau et ma motivation me permet d’avancer à une vitesse qui me semble correct. Patricia nous a rejoint sur le parcours à bord de l’Anthéa qui se positionne devant afin de nous donner le cap. Le premier ravitaillement intervient à 8h05 avec une gorgée d’eau que Laurent m’aide à avaler après m’avoir retiré le tuba, il en profite pour m’annoncer que notre progression est de 4 km/h.

 

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La machine est en route vers son destin.

 

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Merci Niki tu as assuré grave...


J’anticipe le 4ème ravitaillement en appelant mon guide car je ressens une douleur au tendon d’Achille droit, mon corps a besoin d’eau nous effectuons donc la pause plus tôt que prévu et je décide de  m’hydrater toutes les 30’ au lieu des 45 prévues. A deux kilomètres de la balise du demi-tour devant le Port de Santa Térésa di Gallura nous sommes rejoins par Frank sur son zodiac, et il prend les choses en mains car il connaît les Bouches mieux que personne. La mer se forme légèrement et le courant devient plus présent mais ma progression est toujours confortable, j’atteins la balise à 11h30 en 4h10 pour 14,4 kms, juste un petit arrêt pour prendre une photo et je repars pour retrouver l’île où je me sens si bien.

 

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Ellle est proche...

 

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Un petit tour et nous repartons.

 

Le courant est de plus en plus fort et je dois l’affronter pour garder la bonne direction mais la fatigue ne semble pas vouloir me rendre visite. Les demi-heures se succèdent pour devenir des heures et les kilomètres s’accumulent. Vous devez vous demander à quoi je peux penser durant tout ce temps ? Je n’utilise aucun système audio qui m’écarterait du monde marin où j’aime évoluer, alors je pense à mon Colibri, à Laura à mes amis, à la soirée Boudevie de la semaine dernière, je chante la chanson de l’association « Ci aghju vistu » en boucle, je pense à ce que je vais dire au médias à l’arrivée et le temps passe ainsi très vite.  Lors des ravitaillements Frank m’annonce la distance qui nous sépare de l’arrivée. Une chose étrange m’arrive, j’ai l’impression d’être dans un rêve et d’y vivre ma traversée tellement mon corps ondule sans aucune souffrance…

 

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Homme ou poisson ?

 

Non je ne rêve pas, Frank annonce plus que 4600 m et là je me souviens que lors de mes entraînements journaliers Plage du Ricanto la distance qui séparait le poste de secours de la poubelle marine de Porticcio était de 4500 m, alors à ce moment là je me dit que je peux foncer, qu’il ne peut rien m’arriver de négatif.

 

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  Trop tard je prendrai le prochain.

 

La plage est en vue, je maintiens mon rythme soutenu malgré les méduses que je dois éviter mais ma joue droite se fait percuter par l’un de ces petits prédateurs urticants. Je me résous à ralentir afin de pouvoir les éviter. Mon Colibri qui a rejoint le bateau de Niki est à notre hauteur et demande à Laurent de s’arrêter pour être la première à me féliciter, et oui elle est fière et enfin rassurée, il ne reste que 400 mètres je commence à distinguer des silhouettes sur la plage et plus je me rapproche et plus je peux mettre un nom sur chaque personne. 16H00 je m’échoue sur la plage après  8h40 et 31200 ondulations (oui, oui il y avait des mathématiciens avec nous qui ont fait le calcul !) Je me précipite vers Laurent pour lui dire « On l’a fait » puis je distingue tous les amis qui applaudissent ce qui me va droit au cœur et je réalise que ce qui vient de se passer est énorme. Je lis la joie dans le regard de Frank je suis sûr qu’il est fier de son adhérent.

 

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Alors fier de ton pot ?

 

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Mon ami Roger de Lecci.

 

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Cousins, cousines et Tante de Ghisonaccia, a droite Mimi le pinzutti...


 

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Daniel et Stéphane, ills sont venus d'Ajaccio ce matin.

 

Véro comme l’année dernière me serre dans ses bras et une petite larme glisse sur son visage. Ma famille de Ghisonaccia s’est déplacée, des amis des quatre coins de Corse sont venus pour partager ce moment particulier.